Doç. Dr. Cengiz Andan

Deuxième avis en ligne

Échographie pelvienne ou endovaginale : quelle différence ?

Deux examens portent presque le même nom et ne donnent pas du tout la même information.

Réponse courte. L’échographie endovaginale place la sonde à quelques centimètres de l’ovaire : sa résolution est nettement supérieure, et c’est l’examen de référence pour caractériser un kyste. L’échographie sus-pubienne, réalisée sur le ventre avec une vessie pleine, voit plus large mais moins fin : elle reste indispensable pour les kystes volumineux, qui débordent du champ de la sonde vaginale. Les deux sont souvent complémentaires.

Chirurgie gynécologique au bloc opératoire à Istanbul – Professeur Agrégé Dr. Cengiz Andan

Deux examens, deux logiques

La différence tient entièrement à la distance entre la sonde et l’ovaire.

La voie sus-pubienne place la sonde sur le ventre. Les ultrasons doivent traverser la peau, la graisse, les muscles, puis atteindre l’ovaire. Chaque couche dégrade le signal. Pour compenser, on utilise une fréquence plus basse, qui pénètre mieux mais donne une image moins fine.

La voie endovaginale, elle, contourne tout cela : la sonde se trouve à quelques centimètres de sa cible, sans obstacle intermédiaire. Une fréquence élevée devient utilisable, et la résolution s’en trouve considérablement améliorée. C’est cette proximité qui fait de l’échographie l’examen central de l’évaluation d’un kyste ovarien.

Source : Consensus ESGO/ISUOG/IOTA/ESGE – modalités échographiques et caractérisation des masses annexielles.

Professeur Agrégé Dr. Cengiz Andan, gynécologue à Istanbul
Professeur Agrégé Dr. Cengiz Andan, gynécologue à Istanbul

Ce que chacune voit le mieux

Le tableau ci-dessous résume l’essentiel, et il explique pourquoi aucune des deux ne remplace l’autre.

ÉlémentSus-pubienneEndovaginale
Kyste volumineuxBien vu, vue d’ensembleDéborde souvent du champ
Petit kysteSouvent mal vuTrès bien vu
Paroi, cloisonsPeu détailléesBien analysées
Portion solideParfois manquéeDétectée
VascularisationLimitéeBien évaluée
Ovaire normalSouvent non identifiableHabituellement visible

La première ligne inverse le rapport de force, et c’est ce que l’on oublie le plus souvent. Un kyste de quinze centimètres est trop grand pour le champ d’une sonde vaginale : on n’en voit qu’une portion, sans jamais saisir l’ensemble. La voie sus-pubienne redevient alors indispensable.

Les lignes suivantes, en revanche, penchent nettement du côté de la voie endovaginale — et ce sont précisément les éléments qui décident du caractère rassurant ou non d’un kyste, comme le montre l’analyse d’un kyste jugé suspect à l’échographie.

Pourquoi les deux sont souvent faites

Parce qu’elles répondent à des questions différentes, et qu’il faut souvent les deux réponses.

La voie sus-pubienne donne la vue d’ensemble : où se situe la masse, quelle est sa taille globale, refoule-t-elle les organes voisins, y a-t-il du liquide dans l’abdomen. La voie endovaginale donne le détail : de quoi cette masse est-elle faite, sa paroi est-elle régulière, existe-t-il une portion solide vascularisée.

Question poséeVoie la plus adaptée
Y a-t-il une masse ?Les deux
Quelle est sa taille totale ?Sus-pubienne si volumineuse
De quoi est-elle faite ?Endovaginale
Est-elle suspecte ?Endovaginale
Y a-t-il du liquide dans l’abdomen ?Sus-pubienne

Un examen complet combine donc volontiers les deux. Ce n’est pas un excès de zèle ni une facturation supplémentaire : c’est la façon d’obtenir une réponse à chacune des questions qui comptent.

Quand la voie endovaginale n’est pas possible

Plusieurs situations, et aucune ne bloque le diagnostic.

Une patiente qui la refuse, une jeune fille vierge, une enfant, une femme pour qui cet examen est source d’une détresse réelle : dans tous ces cas, la voie sus-pubienne est utilisée seule, et l’IRM prend le relais si un doute persiste. Cette alternative est détaillée dans l’exploration sans voie endovaginale.

Il faut insister sur un point : le refus n’a pas à être expliqué. Aucun médecin n’est fondé à insister, et aucun diagnostic ne devient impossible pour autant. Il devient simplement un peu moins commode à établir — ce qui est un problème du médecin, pas de la patiente.

Deuxième avis. Si le choix de l’examen d’imagerie ne vous a pas été expliqué, ou s’il vous a été imposé, un deuxième avis sur le choix d’un examen d’imagerie permet de vérifier qu’une alternative existait.

Source : ACOG Practice Bulletin – masses annexielles – voies d’exploration échographique en pathologie annexielle.

Ce qu’il faut demander

Deux choses, et elles suffisent à améliorer nettement la qualité du compte rendu.

La première : que la taille du kyste soit donnée dans ses trois dimensions, et non par un seul chiffre. Un kyste n’est pas une sphère parfaite, et la comparaison avec un examen antérieur devient impossible si l’on ne mesure pas toujours la même chose.

La seconde : que l’aspect soit décrit précisément — paroi, cloisons, portions solides, vascularisation — et non résumé par un mot. Un compte rendu qui dit seulement « kyste de l’ovaire droit » ne permet aucune décision, et oblige à refaire l’examen.

À Istanbul-Nişantaşı, je refais moi-même l’échographie dans un grand nombre de cas. Non par défiance envers mes confrères, mais parce qu’une image que l’on a vue soi-même vaut mieux qu’une phrase que l’on doit interpréter — et parce que la sonde permet de poser des questions qu’un compte rendu ne prévoit jamais.

Il faut ajouter que la qualité de l’examen dépend autant de celui qui tient la sonde que de la voie choisie. Une endovaginale expédiée en trois minutes n’apporte pas grand-chose ; une sus-pubienne conduite avec attention, sous plusieurs angles, peut trancher une question. L’outil compte, mais il ne remplace jamais le temps passé à regarder.

Quelle que soit la voie choisie, l’examen gagne à être conduit selon une grille explicite, ce qui est précisément l’objet des règles simples IOTA.

Questions et réponses sur les deux voies échographiques

Les questions les plus fréquentes avant un examen.

QuestionRéponse courteCe qu’il faut en retenir
Laquelle est la meilleure ?L’endovaginale, pour le détail.Elle est plus proche.
Pourquoi faire les deux ?Elles se complètent.Vue d’ensemble et détail.
Et pour un gros kyste ?La sus-pubienne.Il déborde du champ vaginal.
Puis-je refuser l’endovaginale ?Oui.Sans justification.
Que demander au compte rendu ?Trois dimensions.Et une description précise.

Un compte rendu qui dit « kyste de l’ovaire droit » et rien d’autre ne permet aucune décision. Il me faut trois dimensions et une description — sinon je reprends la sonde moi-même.

Doç. Dr. Cengiz Andan
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